Joli fantôme de femme
Blond et pâle,
Tes grands yeux insolents
Tournés vers ton infidèle amant...
Jeune fille trahie et en larmes,
Tu peignes tes longs cheveux
Loin des rives du fleuve malheureux
Qui a recueilli tes larmes.
Lorelay, toi qui regarde les bateaux
De ton regard morne et triste,
Seuls,pour toi,le ciel et les eaux
Hors du temps, les souvenirs te quittent...
De tout ton coeur tu pleures
Mais les larmes jamais ne coulent
Car de tristesse le monde set saoul,
Et le Rhin le refuge de trop de coeur.
Tendre Lorelay,
Ta chevelure est d'or pâle,
Tu prends sur ton coeur les visages pâles
De tant d'amants qui s'en aillent...
Coulent tes larmes que le temps emportent,
Ton coeur,Lorelay,fait du porte à porte
Auprès de ces amants que te volent les courants.
L'eau coulent entre tes bras trop blancs...
Une éternité trop longue pour toi,
Lorelay,ton coeur tremble de froid.
Seule preuve qu'il n'est pas mort,
Le souvenir d'amour qui l'habite encore.
Lorelay,toujours sur ton rocher
A regarder le ciel, la tête penchée,
A quoi bon? Qu'observes-tu ainsi?
Le gris du ciel à tes yeux s'unit...
Etrange sirène à la voix d'ange
Qui emprisonnent les marins d'un charme étrange...
Tes grands yeux reflètent ton âme,
Lorelay,seuls les morts ont goûté tes larmes.
Oh Lorelay,au coeur des eaux
Où tu trouvas refuge,
Au moins ici personne ne juge
Que tu es morte trop tôt...


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